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Mom, I don't want to be a rich man.

Photo du rédacteur: Emma Di Gesaro
Emma Di Gesaro
22 oct. 2023
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 31 août

La Hustle Culture : un phénomène qui nous fait penser qu’on peut, nous aussi, devenir millionnaire du jour au lendemain. Ou pas.


Quand on a 25 ans au 21e siècle, il faut se lever à 5h du matin, faire 2 h de sport dans la journée, lire au moins 10 pages d’un livre de développement personnel et rapporter en moyenne 10 000 € par mois grâce à un business en ligne qui nous permet de travailler tout en voyageant dans le monde entier.


En effet, c’est ce que veulent nous faire croire les adeptes d’un style de vie presque sectaire, qui n’acceptent que les meilleurs dans leur équipe et qui ne tolèrent que “l'hyper productivité” et la

sur-glorification de l’ambition. Heure de la crise d’angoisse : 16h32.


On la surnomme la "Hustle Culture" et quand on décide d'y adhérer, on met le travail au centre de sa vie. Le surmenage professionnel n’a plus rien d’anormal et les heures supplémentaires deviennent monnaie courante.

Dans la liste des pères fondateurs de cette culture du capitalisme, on compte Elon Musk, avec son tweet “personne n’a changé le monde en 40 heures”? C'est sûr que quand on pèse 180 milliards de dollars, masquer l’aspect toxique d’un style de vie menant au surmenage est un jeu d’enfant.


#QuietQuitting et #LazyGirlJob: sur TikTok, l’avenir appartient à celui qui fait le minimum, et bien.


Ce mode de vie qu’est la Hustle Culture et qui, en apparence, fait rêver, perd de sa puissance face à de jeunes adultes qui osent nager à contre-courant d’une société qui impose la norme de l’ambition à toute épreuve. Pour cette catégorie de personnes, décomplexer face à un train de vie qui ne ressemble pas à la succes-story de Bill Gates leur permet de mener une vie qui leur correspond, sans jamais se comparer aux exigences démesurées de notre époque.

Le plus impressionnant dans tout cela ? Que leur train de vie en apparence basique, qu’ils décident d'exposer sur Tiktok sous forme de vlog ou de vidéos inspirationnelles, nous donnerait presque envie de renoncer à nous battre contre l'hyper-capitalisme et de partir nous exiler vendre des glaces en Jamaïque.


Sur le réseau social TikTok, les hashtags #LazyGirlJob ou encore #QuietQuitting ont respectivement atteint 51 millions et 1 milliard de vues. Avec de tels chiffres, on se sent moins seul et on peut tranquillement dire adieu au stress en guise de réussite professionnelle.


Derrière le #LazyGirlJob se cache en réalité une manière de penser allant bien plus loin que la traduction littérale équivalente à “Un taff de fille fainéante". Ce hashtag, qui réunit à lui seul des millions de personnes dans le monde entier, est en réalité l’incarnation digitale d’un mode de vie qui peut se résumer par «S’investir dans sa boîte, gravir les échelons d’une entreprise... Ce n’est pas l’objectif de tout le monde. Le “Lazy Girl Job” est une façon de penser qui permet d’éviter cette fatalité !», comme l'a dit Gabrielle Judge, la créatrice de contenu aux 170 000 abonnés TikTok et fondatrice de antiworkgirlboss.


Certains y verront un éloge de la paresse voire un désengagement féministe, mais ce phénomène instaure indéniablement un nouveau rapport à l’emploi, pour certains plus sain, à l'encontre des idées de l'autrice et fondatrice de NastyGal, Sophia Amoruso qui prône un style de vie ultracapitaliste dans son livre à succès “Girlboss” paru en 2014. Spoiler alerte, l'inventrice de la girlbossitude a été accusée de management toxique et d'avoir procédé à des licenciements abusifs, sans parler du rythme de travail qualifié “d’insoutenable” par ses équipes.


Cette tendance pourrait laisser penser que le problème est générationnel, que la Gen Z aspire à un train de vie de luxe, tout en fournissant le minimum d’efforts, mais il s’agit en réalité d’une prise de conscience qui dépasse de loin l’environnement professionnel.


Avec le #QuietQuitting, ce sont des milliards de personnes qui assument fournir les efforts strictement nécessaires pour conserver leur poste, sans jamais prôner l’acharnement au travail.

«À quoi bon tout donner pour un système qui ne me traite pas bien ?». C’est la question soulevée par la journaliste Salomé Saqué, comme elle l’explique dans son enquête… Sois Jeune et Tais Toi que «Le Covid a montré que ce système avait des limites saillantes. Tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Et les jeunes sont en première ligne dans les emplois précaires.»


Partir vendre des glaces en Jamaïque, ça ne se refuse pas quand on y pense....

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